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mardi 15 juillet 2014

Notre Père Prométhée


 Dans la mythologie grecque, c'est un Titan, neveu de Zeus, qui a créé l'homme. Comme dans la Bible, il crée un homme seul. La femme viendra plus tard, et elle sera l'œuvre de Zeus lui-même.
 Sur la terre déserte, un Titan se désole. "Le ciel se mirait dans les eaux et les eaux étaient remplies de poissons. Des troupeaux paissaient dans les prairies.

 Mais qui s'occupait des troupeaux,  qui attrapait les poissons, qui écoutait le chant des oiseaux? Personne. Sur terre, il n'y avait pas d'homme. Prométhée, de la famille sacrée des Titans, Prométhée le neveu de Zeus errait tristement sur terre et cherchait en vain des êtres vivants marchant debout comme lui et dont le visage aurait été semblable au sien. Mais il voyait l'argile  d'où surgissaient l'herbe, les plantes et les arbres; il voyait aussi les fortes pluies tombant sur la terre. 

 L'eau de pluie faisait vivre la nature, sans elle, les arbres et les buissons mouraient, laissant place au désert. Prométhée découvrit la force de la terre et de l'eau, il mélangea l'argile et l'eau, moulant la forme du premier homme. C'était la forme des dieux. Athéna, déesse de la sagesse, insuffla une âme à la forme sans vie : la grise argile devint rose, un cœur se mit à battre et les bras et les jambes, encore immobiles, se mirent à bouger.  C'est ainsi que Prométhée créa le premier homme.


 Longtemps, les hommes ne surent que faire de leur âme, don d'Athéna.  Ils vivaient comme de petits enfants.  Ils voyaient, ils entendaient mais ils ne comprenaient pas, ils marchaient sur terre comme dans un rêve. Ils ne savaient ni cuire des briques, ni couper du bois, ni construire des maisons.  Semblables à des fourmis, ils grouillaient sur la terre et dans les recoins sombres des grottes. Ils ne savaient même pas que l'été succédait au printemps et que l'automne suivait l'été." 

Difficile d'imaginer une telle ignorance. Même les animaux savent anticiper la ronde des saisons. Si les hommes de cette époque l'ignoraient encore, c'est parce que la chose était nouvelle : les saisons venaient de faire leur apparition, suite au grand cataclysme qui inclina la terre comme nous allons le voir. "Prométhée descendit alors parmi les hommes et leur apprit à élever des maisons, à lire, à écrire, à compter et à comprendre la nature.


 Il leur montra comment atteler des animaux à des charrettes pour ne pas avoir à porter sur leurs dos de lourds fardeaux. Il leur enseigna l'art de construire des bateaux, leur expliquant comment les voiles aidaient le rameur dans sa tâche. Il les conduisit dans les profondeurs de la terre, à la recherche des trésors cachés. Le dur travail des mineurs arracha aux entrailles du sol le fer, le cuivre, l'argent et l'or." Quetzalcoatl et Viracocha ont eu exactement le même comportement. 


Pourquoi cette ressemblance entre les dieux civilisateurs de l'Amérique précolombienne et Prométhée ? Comment pourrait-il s'agir des mêmes personnes, d'un bout du monde à l'autre ? Alors il faut croire que partout dans le monde, des hommes cultivés et savants, rescapés du déluge, ont enseigné leurs connaissances multiples à d'autres hommes, redevenus sauvages. Notre auteur poursuit un récit du mythe qui confirme ce point de vue.



"Avant cette époque, les hommes ne connaissaient pas la médecine, ils ne pouvaient discerner ce qui leur faisait du bien de ce qui leur faisait du mal ; aussi Prométhée leur montra comment préparer des onguents et des médicaments. Il enseigna tous les arts aux hommes stupéfaits et ils les apprirent tous avec avidité." Ces derniers mots sont éloquents, les mythologues les rencontrent souvent dans le corpus légendaire des cinq continents.


Le mythe de Prométhée est aussi universel que celui du Déluge. En Amérique, il est Quetzalcoatl, Kukulkan ou Viracocha. En Inde, son nom est Manou. Dans la Genèse, ce sont les Elohim et dans le Livre d'Enoch, les Veilleurs. L'encyclopédie assyrienne le nomme Enki. Dans tous les cas, c'est notre créateur, et la plupart du temps, il utilise l'argile. Son nom désigne non pas un seul individu, mais un groupe. Il apporte la culture, la science et la civilisation. Il prône le pacifisme et la générosité.

 Et il est de même nature que nous, avec quelques mètres en plus et de nombreux pouvoirs qu'il a omis de nous donner…

 Les âges ont passé. Sont venus les hommes de la race de bronze, qui délaissent les dieux et pratiquent la guerre. Zeus décide de les exterminer et déchaîne un déluge, qui épargnera seulement deux justes, Deucalion, fils de Prométhée, et Pyrrha, fille d'Epiméthée et de Pandore. Il pleut pendant neuf jours et neuf nuits : de la Terre noyée n'émerge que le mont Parnasse. Les dieux, prévoyants, s'étaient tous réfugiés sur les plus hauts sommets. 

 Lorsque Zeus ordonne aux eaux de se retirer, Deucalion et Pyrrha sont seuls dans leur barque sur la terre déserte.

 Une voix se manifeste, leur ordonnant de jeter par-dessus leurs épaules les os de leurs mères. D'abord effrayés par une telle impiété, ils comprennent qu'il s'agit de pierres, qui sont les os de la Terre, mère universelle. Les pierres que lance Deucalion deviennent des hommes, celles jetées par Pyrrha des femmes. La Terre est repeuplée par les ancêtres des peuples grecs, les races doriennes et éolienne, les Achéens et les Ioniens. La mythologie rejoint l'histoire.

Les Olympiens peuvent enfin régner sur le monde. Trois d'entre eux se partagent l'univers par tirage au sort. Zeus obtient le ciel, Poséidon la mer, et Hadès le monde souterrain. Zeus et sa cour séjournent sur Olympos où ils connaissent une félicité parfaite, alternant banquets et parties fines, se gorgeant de nectar et d'ambroisie au son de la lyre d'Apollon. L'Olympe est une montagne de Grèce qui n'a rien de particulier, sinon sa grande altitude. Mais avec le règne de Zeus, il devient un séjour divin gardé par les Saisons.

 Que viennent faire ici les Saisons ? Avant le premier déluge, quand la Terre était calée dans le plan de l'écliptique, il n'y avait pas de saisons : sous nos latitudes régnait un éternel printemps. Avec Zeus commence le monde tel que nous le connaissons, et l'année rythmée par les quatre saisons . Voilà pourquoi le récit mythique fait des saisons les gardiennes de l'Olympe. Et voilà pourquoi les hommes ignoraient encore cette nouveauté que Prométhée dut leur enseigner.



 Fini l'éternel printemps, fini les cueillettes abondantes, la pénurie revient chaque hiver. Il faut trouver une solution à ces disettes à répétition. Soudain va démarrer, sur différents points de la planète, et sur une grande échelle, l'agriculture de l'âge de bronze. C'est ce que raconte Hercule, son taureau et ses pommes d'or. Ainsi rien n'est gratuit dans le récit d'un mythe. Aucun détail n'est insignifiant. L'apparition des Saisons, gardiennes de l'Olympe, est la signature d'une ère nouvelle, celle de Zeus-Dieu, et la fin de l'âge d'or...


 Quant à notre père Prométhée au sang bleu, ses aventures continuent. Un cadeau de son oncle rancunier, le puissant Zeus, va lui donner du fil à retordre. Prométhée va devoir gérer l'arrivée dans ce monde de brutes de la toute première humaine, la belle Pandore…

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